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"Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes."


Karl Marx

L'éducation malade de l'idéologie néolibérale

Le sociologue français Christian Laval (université de Paris X) explique ce qu'est le néolibéralisme.

Questions d'Infor Jeunes à M-D Simonet, Ministre de l’enseignement obligatoire et de la promotion sociale.



Madame la Ministre,

Différents organes de presse se sont fait l’écho, ce 16 novembre 2010, d’une enquête du Segec (Secrétariat général de l’enseignement catholique) menée au sein des directions des établissements de son propre réseau. 

Il en résultait, au dire de cette enquête, que le décret aurait « manqué sa cible » quant à son objectif de mixité sociale.  Vous avez le jour même répondu à ces allégations par voie de presse. Néanmoins, votre réaction nous laisse perplexe, et, pour tout dire, totalement insatisfaits. Car, si, dans vos déclarations, vous avez défendu certaines qualités techniques du décret, vous avez laissé apparaître comme quasiment facultatif l’objectif prioritaire de la mixité sociale.

Quand Simonet (dé)voile son projet..

Aux yeux de nombreux observateurs, le nouveau projet “décret inscriptions”, cuvée Simonet, apparaît comme un amalgame improbable des deux précédents.
Un tel point de vue nous semble encore bien en deçà de la réalité, car le projet en question porte dans sa conception même une réelle propension au retour en arrière, et ce principalement par le pouvoir discrétionnaire qu’il restitue aux directions d’écoles sous couvert d’autonomie.

Décret inscription 2010 : pourquoi il faudra aller plus loin

Le nouveau décret a le mérite de fixer des balises techniques précises (quoique fort complexes) en matière d’inscriptions dans le 1e degré du secondaire. Ce faisant, il introduit positivement un minimum de régulation dans le quasi-marché scolaire qui caractérise notre système d’enseignement en Communauté française de Belgique.
Néanmoins, ce décret ne répond pas, loin s’en faut, à toutes les attentes de celles et ceux qui, majoritairement, aspirent à un système d’enseignement moins inégalitaire. Les raisons sont, pour l’essentiel, les suivantes :

Conférence de presse du 6 mai 2009 : décret mixité, propositions concrètes pour aller de l'avant (FEF, Infor Jeunes Laeken, LDDE, APED, Mrax)

Les détracteurs des décrets successifs «Arena» et « Mixité sociale » ont réussi à faire croire que les problèmes d’inscriptions sont nés avec lesdits décrets. Il ne s’agit ni plus ni moins d’un exploit mais aussi d’une imposture, tant et ce depuis des années la problématique des inscriptions recèle de lourdes injustices, des pratiques discriminatoires et arbitraires. Pour beaucoup d’étudiants issus de familles modestes, de milieu populaire, le parcours des inscriptions scolaires est semé d’embûches, de vexations et d’humiliations. Aujourd’hui cette humiliation s’est encore approfondie, du sentiment que cette réalité n’interpelle personne. Tout se passe comme si certains élèves étaient condamnés à être surnuméraires au sein même du système scolaire. Existe-il donc un destin qui réserve à certains« l’excellence » et à d’autres « les écoles poubelles» ?

A bâton rompu (interview d'IJ Laeken par J.Lismont - FGTB_SEL)

Infor Jeunes Laeken et SEL-FGTB

Nous avons rencontré Chantal Massaer, directrice d’Infor Jeunes Laeken et Eric Bruggeman responsable secteur enseignement et service juridique d’Infor Jeunes Laeken. 



Lors des inscriptions, l’école casse sa fonction éducative au profit de son « image »…

Retour sur le Décret inscriptions (Revue Nouvelle avril 2008)

Le « décret Inscriptions » continue à soulever des questions qui dépassent de loin la seule question des modalités de sa mise en oeuvre. L’article que Bernard Delvaux a publié sur ce thème dans nos colonnes (1) a ainsi suscité une réaction d’Infor Jeunes, sous la plume d’Éric Bruggeman. Sur cette base, ils ont tous deux accepté de se laisser interpeller à l’occasion d’un échange éclairant pour les acteurs éducatifs qui poursuivent des objectifs d’émancipation. 


Au centre de ce débat interne à la gauche : la méthode à adopter pour transformer une école inégalitaire qui ne s’est jamais réellement ouverte aux milieux populaires. Pour mieux rencontrer des objectifs égalitaires, faut-il répondre aux attentes de certains parents et certains établissements qui sont en position de force dans l’école? Ou est-ce qu’il s’impose d’agir plus structurellement sur le système de marché scolaire, en y limitant une liberté de choix dont les familles démunies ne bénéficient pas ?