Mixité scolaire : pas de "faut pas" Madame la Ministre !



Un sondage mené par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec) sur les effets du décret inscriptions dans le premier degré du secondaire (LE SOIR 16/11/2010), tire la conclusion que 95% des directeurs d’écoles (NB :du réseau libre catholique uniquement !) ont le « sentiment » que l’objectif de mixité social n’est pas atteint !
En écho à ces déclarations, la Ministre de l’enseignement obligatoire, M-D Simonet s’est contentée de rétorquer que « la mixité pour les écoles est une possibilité, pas une obligation ».
Que le Segec tente, à travers une « enquête » au sein de son seul réseau, de mener une stratégie de relégation de l’objectif de mixité sociale dans les écoles, ne surprend guère. En revanche, que la Ministre de l’enseignement obligatoire de (toute) la Communauté française minimise de telles déclarations en tenant des propos lénifiants sur la question, est tout simplement consternant !
En effet, de tels propos laisseraient entendre que l’objectif de mixité sociale ne serait, après tout , qu’un accessoire, un élément secondaire du décret, alors que cet objectif fait bel et bien partie de ses priorités incontournables. Et cela pour une série de raisons sociopédagogiques majeures, parmi lesquelles, le fait que :
-       La mixité sociale permet, comme l’ont montré de multiples études en sciences de l’éducation, de relever dans une classe le niveau des plus faibles sans pour autant faire diminuer le niveau des plus forts ;
-       La mixité sociale à l’école est le moment unique dans notre société de l’apprentissage du vivre ensemble ;
-       La mixité permet surtout de réduire la concurrence entre établissements  (et donc la dualisation du système), qui est un des facteurs principaux de l’échec scolaire.
C’est au nom de ces raisons que les partenaires gouvernementaux de l’Olivier ont décidé de fixer en tant que prioritaire cet objectif du décret inscriptions !
Il est donc particulièrement mal venu de voir aujourd’hui la Ministre responsable du dossier égrener des propos aussi mièvres face à la stratégie de discrédit qui est engagée par les adversaires de la mixité (qui sont, en outre, les adversaires de toute forme de régulation décrétale).
Pressentant une telle dérive possible, Infor Jeunes Laeken et Bruxelles avaient, dès le début de la rentrée de septembre, adressé un courrier à la Ministre Simonet, lui demandant de rendre public le bilan statistique en matière de pourcentages ISEF (Indice socioéconomique faible) pour chaque école dans tous les réseaux scolaires de la Communauté française : seul indicateur objectif de l’état de la mixité sociale, appelant éventuellement – en cas de résultats insuffisants – la conception et la mise en œuvre de mesures correctrices.
Pareille transparence relève non seulement de  l‘information citoyenne la plus élémentaire, mais aussi de la bonne gouvernance au nom de tous ceux qui aspirent à la réussite des objectifs du projet !
Hélas, jusqu’à ce jour c’est par le silence que la Ministre a répondu à cette interpellation..
Qu’à cela ne tienne : Infor Jeunes Laeken et Bruxelles, en collaboration avec une quinzaine de partenaires institutionnels et associatifs ont mis en route pour 2011 un projet de campagne de sensibilisation aux inscriptions scolaires et à ses enjeux,-  l’objectif de mixité sociale étant, comme il se doit, au cœur du projet (la campagne s’intitulera : « Ecole, je t’aime, un peu beaucoup, passionnément, à la folie.. »).
Plus que jamais, nous sommes convaincus que c’est le chemin par lequel passe l’école de la réussite pour tous !